Ingénieure travaillant dans un laboratoire

Guide pratique

CIR, CII et JEI : les dispositifs fiscaux des start-up innovantes en 2026

L’innovation coûte cher, surtout dans les premières années. L’État la soutient par plusieurs dispositifs fiscaux et sociaux puissants, à condition de bien les maîtriser : crédit d’impôt recherche (CIR), crédit d’impôt innovation (CII) et statut de jeune entreprise innovante (JEI). Tour d’horizon des règles en vigueur en 2026.

Le crédit d’impôt recherche (CIR)

Le CIR finance les dépenses de recherche : travaux visant à lever une incertitude scientifique ou technique, au-delà de l’état de l’art. Il est égal à 30 % des dépenses éligibles jusqu’à 100 M€, puis 5 % au-delà.

Sont notamment éligibles les salaires des chercheurs et techniciens de recherche, la dotation aux amortissements du matériel de recherche, les frais de fonctionnement calculés forfaitairement et certaines dépenses de sous-traitance auprès d’organismes agréés. La loi de finances pour 2025 a resserré le dispositif pour les dépenses exposées depuis le 15 février 2025 : exclusion des dépenses de brevets et de veille technologique, forfait de frais de fonctionnement ramené de 43 % à 40 % et suppression du régime de faveur « jeunes docteurs ».

Le crédit d’impôt innovation (CII)

Réservé aux PME, le CII finance les dépenses de conception de prototypes ou d’installations pilotes de produits nouveaux. Prorogé jusqu’au 31 décembre 2027, son taux est de 20 % depuis le 1er janvier 2025 (contre 30 % auparavant), dans la limite de 400 000 € de dépenses par an.

Le statut de jeune entreprise innovante (JEI)

Le statut JEI s’adresse aux PME de moins de huit ans (pour celles créées depuis 2023), indépendantes et réellement nouvelles, dont les dépenses de recherche représentent au moins 20 % des charges (seuil relevé de 15 % à 20 % au 1er mars 2025). Il ouvre droit à des exonérations de cotisations sociales patronales sur les rémunérations des personnels affectés à la R&D, dans certaines limites, ainsi qu’à des avantages fiscaux pour les investisseurs.

La loi de finances pour 2026 a par ailleurs créé la jeune entreprise d’innovation à impact (JEII), ouverte aux entreprises de l’économie sociale et solidaire dont les dépenses de recherche représentent entre 5 % et 20 % des charges. Les conditions étant techniques, une vérification au cas par cas s’impose avant de revendiquer l’un de ces statuts.

Comment en bénéficier sereinement ?

  • Documenter vos travaux au fil de l’eau : état de l’art, incertitudes, démarche, résultats.
  • Suivre les temps passés par chaque collaborateur sur les projets éligibles.
  • Sécuriser en amont, si besoin par un rescrit auprès de l’administration.
  • Anticiper le contrôle : le CIR fait l’objet de vérifications fréquentes et approfondies.

Pour une start-up, le CIR peut être remboursé immédiatement au lieu d’être imputé sur l’impôt : un levier de trésorerie décisif dans les premières années.

Questions fréquentes

Une start-up sans bénéfice peut-elle profiter du CIR ?

Oui. Les PME, et notamment les jeunes entreprises, peuvent obtenir le remboursement immédiat de leur créance de crédit d’impôt, même en l’absence d’impôt à payer.

Peut-on cumuler CIR et JEI ?

Oui, les dispositifs sont cumulables : le statut JEI allège les charges sociales, tandis que le CIR réduit l’impôt ou se rembourse.

Le développement d’un logiciel est-il éligible ?

Il peut l’être s’il implique de véritables verrous techniques au-delà de l’état de l’art (CIR) ou la conception d’un produit nouveau (CII). L’analyse doit être faite projet par projet.

Le cabinet accompagne les start-up et sociétés innovantes, de la création à la levée de fonds, et sécurise leurs dossiers CIR, CII et JEI. Contactez le cabinet ou appelez le 04 86 31 52 13.

Guide mis à jour en octobre 2026 et vérifié sur les sites officiels economie.gouv.fr, bofip.impots.gouv.fr et urssaf.fr. Les règles fiscales évoluent chaque année : vérifiez votre situation avant toute décision.


Thierry Poitau — Expert-comptable et commissaire aux comptes à Aix-en-Provence