Façade d’immeuble résidentiel

Guide pratique

SCI à l’IR ou à l’IS : comment choisir le bon régime fiscal ?

La société civile immobilière (SCI) est l’outil privilégié pour détenir et transmettre un patrimoine immobilier à plusieurs. Mais un choix fiscal conditionne sa rentabilité pendant des années : rester à l’impôt sur le revenu, régime par défaut, ou opter pour l’impôt sur les sociétés. Voici les critères pour décider en connaissance de cause.

La SCI à l’impôt sur le revenu : le régime par défaut

Une SCI qui loue des biens nus relève par défaut de l’impôt sur le revenu. La société ne paie pas d’impôt elle-même : elle dépose chaque année une déclaration de résultats (formulaire n° 2072) et chaque associé est imposé sur sa quote-part, en principe dans la catégorie des revenus fonciers.

  • Imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu de chaque associé, augmenté des prélèvements sociaux.
  • Déficit foncier : les charges (travaux d’entretien et d’amélioration, taxe foncière…) peuvent créer un déficit imputable sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an (hors intérêts d’emprunt), l’excédent étant reportable sur les revenus fonciers des dix années suivantes.
  • Pas d’amortissement du bien.
  • Plus-value à la revente selon le régime des particuliers : imposition à 19 % et aux prélèvements sociaux, avec des abattements pour durée de détention conduisant à une exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans.

La SCI à l’impôt sur les sociétés : une option à manier avec précaution

La SCI peut opter pour l’impôt sur les sociétés. Elle est alors imposée comme une entreprise :

  • Taux de l’IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice pour les sociétés éligibles au taux réduit, 25 % au-delà.
  • Amortissement du bien (hors terrain) et déduction des frais d’acquisition et des intérêts : le résultat imposable est souvent faible, voire nul, pendant de nombreuses années.
  • Distribution : les sommes versées aux associés sont imposées comme des dividendes.
  • Plus-value professionnelle à la revente, calculée sur la valeur nette comptable, c’est-à-dire après déduction des amortissements pratiqués, et sans abattement pour durée de détention.

Attention : l’option pour l’IS ne peut être abandonnée que jusqu’au cinquième exercice qui suit celui de l’option ; passé ce délai, elle devient irrévocable.

Tableau comparatif

SCI à l’IRSCI à l’IS
Qui est imposé ?Les associésLa société, puis les associés sur les distributions
Amortissement du bienNonOui
DéficitImputable sur le revenu global (10 700 €/an)Reportable sur les bénéfices futurs de la société
Plus-value de cessionRégime des particuliers, exonération après 22 et 30 ansPlus-value professionnelle, sans abattement
Réversibilité—Renonciation possible jusqu’au 5e exercice, puis irrévocable

Et la location meublée ?

La location meublée exercée de façon habituelle est une activité commerciale. Une SCI qui y recourt s’expose en principe à l’impôt sur les sociétés et doit déposer une déclaration de résultats de type 2065. Pour louer en meublé, d’autres structures sont souvent plus adaptées : nous les étudions avec vous.

Comment choisir ?

  • Projet de long terme et transmission : l’IR est souvent pertinent, notamment grâce aux abattements sur les plus-values.
  • Revenus réinvestis dans la société et forte tranche d’imposition des associés : l’IS peut alléger significativement la fiscalité courante.
  • Travaux importants : le déficit foncier à l’IR peut réduire l’impôt sur vos autres revenus.
  • Revente à moyen terme : l’IS peut coûter cher en raison de la réintégration des amortissements dans la plus-value.

Seule une simulation chiffrée sur la durée de détention envisagée permet de trancher.

Questions fréquentes

Peut-on passer d’une SCI à l’IR à une SCI à l’IS ?

Oui, sur option. Mais le passage à l’IS a des conséquences fiscales à anticiper et l’option ne peut être abandonnée que pendant un délai limité : elle doit être soigneusement préparée.

Une SCI à l’IR doit-elle tenir une comptabilité ?

Une comptabilité est indispensable pour établir la déclaration de résultats, répartir le résultat entre associés et justifier les comptes courants. Les gérants doivent en outre rendre compte de leur gestion aux associés au moins une fois par an (article 1856 du Code civil).

La SCI permet-elle de réduire les droits de succession ?

Elle facilite la transmission progressive, notamment par donation de parts, et peut s’accompagner de démembrements de propriété. Ces montages se préparent avec votre notaire et votre expert-comptable.

Le cabinet Poitau & Co accompagne de nombreuses SCI et investisseurs immobiliers, de la création à la cession. Contactez le cabinet ou appelez le 04 86 31 52 13 pour une simulation personnalisée.

Guide mis à jour en octobre 2026 et vérifié sur les sites officiels impots.gouv.fr, bofip.impots.gouv.fr et economie.gouv.fr. Les règles fiscales évoluent : ce guide ne remplace pas une analyse de votre situation.


Thierry Poitau — Expert-comptable et commissaire aux comptes à Aix-en-Provence